UN PROCÈS QUI OPPOSAIT LES VICTIMES DES ALV, DES INTERVENANTS ET DES CHERCHEURS PRÉOCCUPÉ PAR LA SANTÉ PUBLIQUE À UN PUISSANT LOBBY INDUSTRIEL QUI TIRE LA MAJORITÉ DE SES PROFITS (DE JEU) DE CITOYENS QUI ÉPROUVENT UNE DÉPENDANCE À SES PRODUITS.

L'industrie du gambling et les États croupiers sont responsables d'une véritable pandémie de jeu compulsif. Tout comme l'industrie du tabac qui c'était enrichi en développant grâce à la génétique, à l'ajout de nombreux produits chimiques, un tabac plus addictif et en cachant les effets nocifs du tabagisme sur la santé, l'industrie du gambling grâce aux nouvelles technologies et une meilleure connaissance de la psychologie, a développé et mise en marché des appareils très addictifs dont la dangerosité ne fait aucun doute. Dans les casinos, ces appareils ont remplacé, en bonne partie, les jeux de tables. Il y a une vingtaine d'année, les revenus des casinos ont explosé grâce aux appareils électroniques. Aujourd'hui, il rapporte près de 90% des profits provenant de l'ensemble des jeux, alors auparavant, ce type d'appareil rapportait moins de 10% des profits (chiffres pour la France)... Ces appareils sont responsables de 95% des demandeurs de traitement pour joueur compulsif. La Santé publique évalue que près de 70% des profits des appareils électroniques de jeu proviennent de concitoyens qui ont un problème de jeu.

État croupierDes victimes des loterie-vidéos se sont regroupés autour d'un avocat, Jean Brochu, lui-même victime de ce ces appareils, pour dire c'est assez! Leur objectif, faire triompher le bien commun et «la santé publique» sur la cupidité et l'absence d'éthique qui règnent dans l'industrie du gambling, ce nouveau vaux d'or des gouvernements -devenus- croupiers.

Il est aujourd’hui important de faire une distinction entre les jeux d’argent et de hasard traditionnels (loteries, jeux de cartes) et les jeux électroniques qui impliquent une intelligence habilement programmée. Ce sont ces nouvelles technologies qui expliquent à la fois le développement sans précédent de l’industrie du jeu et la sévérité accrue de la dépendance aux jeux d’argent et de hasard (gambling). Puisque la légalisation des machines à sous au casino et des ALV s’est faite sans aucune étude d’impact crédible, du type avant/après. En France en 1987, l’ajout des machines à sous aux tables de jeu des casinos a fait exploser la fréquentation du public. Celle-ci est passée de 3 millions à 65 millions de personnes par an! Cela n’a pas été sans impact nocif.

«L'humain est toujours responsable de son bonheur» écrivait un psychologue associé à l'industrie du gambling. C’est vrai, mais protéger la liberté de choix des citoyens, c’est davantage que d’affirmer que c’est de leur faute s’ils sont tombés dans un piège. Le bonheur commence par vivre dans un pays où l’État n’est pas le premier à considérer ses citoyens comme des pigeons à plumer. Au lieu de cela, la promotion active des jeux d’argent et de hasard par l’État, notamment la mise en place d’un vaste réseau de bars/mini-casino, témoigne d’un bris du contrat social qui lie l’État aux citoyens. Dans un contexte de socialisation du jeu, il est anormal que les casinos, et les ALV en particulier, aient créé un grave problème de santé publique. Ce n’est assurément pas là que réside le rôle d’un État que l’on espère bienveillant. Il est impératif que l’on retire les ALV des bars et que l’on confie à la santé publique le mandat d’analyser la programmation et la conception des divers appareils électroniques de jeu et, si nécessaire, de faire modifier ceux-ci afin de les rendre moins dangereux. Le jeu responsable, c’est en premier lieu une gestion responsable (lire sécuritaire).

LA BATAILLE DE L'ÉTHIQUE

Malgré cette décevante entente hors cours, ce recours collectif ne représentait qu'un jalon de ce qui est convenu d'appeler la bataille de l'éthique.

Il est, aujourd'hui, tout de même important de préciser que la renonciation d'un lien de cause à effet dans le cadre d'un procès civil et d'un règlement hors-cour, ne signifie aucunement que ce lien n'existe pas. Le lien de causalité entre le développement du jeu compulsif et les ALV a été scientifiquement bien démontré des chercheurs non financés par l'industrie du gambling. Rappelons que, 10% des joueurs d'ALV éprouve un problème de jeu et que chez les joueurs réguliers ce taux grimpe à 20% (42% dans une étude sur le jeu à Montréal (1)

1: Chevalier et Allard (2001a) Jeu pathologique et joueurs problématiques: Le jeu à Montréal  et Santé publique et appareil de jeu, PDF (power point), Serge Chevalier, octobre 2005