Jean LeBlond, l'expert scientifique de la poursuite est en désaccord avec l'entente
Par Alain Dubois le mardi, janvier 19 2010, 01:37 - FIL DES ÈVÈNEMENTS - Lien permanent
Lors d'une discussion privée, Jean Leblond, l'expert scientifique principal de la poursuite m'a affirmé qu'il était en profond désaccord avec l'entente intervenue dans la cause du recours collectif intenté par des victimes des appareils de loterie-vidéos à Loto-Québec.
Ce chercheur qui a rédigé le rapport sur la dangerosité des appareils et qui a agit comme conseillé scientifique depuis le début des procédures judiciaires, m'a semblé très ébranlé par le contenu de l'entente négociée entre les avocats des joueurs et Loto-Québec. Jean Leblond considère carrément fausse l'affirmation "5" qui prétend (à tord) que la preuve au procès ait établi que les appareils de loterie vidéo (ALV) ne sont pas la cause du jeu pathologique.
Pour lui, l'entente devrait compenser tous les efforts prouvables que des joueurs ont entrepris personnellement pour tenter de contrôler leur problème par la modération «Ces initiatives personnelles, lorsqu'elles constituent des tentatives de modération, sont exactement ce que Loto-Québec suggérait de faire. Ce pourrait être d'avoir abandonné un emploi dans un lieu où il y a des ALV, un déménagement loin des ALV, des frais bancaires pour mieux protéger son avoir, etc. Il n'y a aucune raison de limiter la compensation aux "soins"» m'a t'il affirmé sans hésitation.
Il m'a aussi mentionné qu'il était en désaccord avec l'obligation de produire une attestation contemporaine d'un diagnostic de jeu pathologique. Selon lui, «des joueurs ont pu prendre des initiatives personnelles coûteuses sans savoir qu'un diagnostic officiel de jeu pathologique existait». Il devrait suffire, a t'il poursuivit, «qu'il soit possible d'établir aujourd'hui que la personne était plausiblement joueur pathologique à l'époque. En droit civil, il n'est pas requis de prouver hors de tout doute raisonnable».
Sans désirer faire perdre de l'argent à des joueurs, il proteste également contre la dilution de la dangerosité des ALV par la clause "8" qui indemnise sans égard à l'activité de jeu impliquée.
Jean Leblond m'a informé, lors de cette conversation, qu'il n'a jamais eu le mandat d'examiner l'ALV en fonction de déterminer si ceux-ci était la cause unique ou une cause contributive du jeu pathologique. Son mandat consistait plutôt à déterminer si l'ALV était dangereux pour ses utilisateurs: «Aucun expert n'a eu un mandat approprié à la première question reformulée en novembre 2006 et, récemment corrigée par le juge Duchesne». Il m'a souligné que c'est le juge qui a dû signaler, ce fait à l'avocat de la poursuite monsieur Jean Pierre Michaud,«verbalement en avril 2009, et officiellement colligé dans le jugement du 4 décembre 2009. Par ce jugement, le juge corrigeait cette erreur et rendait les expertises pertinentes pour la suite du procès».
Enfin, ce chercheur est toujours prêt à témoigner ces 5 points. Même si ce n'est pas son rôle, il espère, néanmoins, être invité par le juge à commenter cette entente.
À titre de témoin expert, il m'a confirmé qu'il était en mesure de répondre aux questions des joueurs puisque ceux-ci sont partie à ce litige « On est d'ailleurs en droit de s'attendre que je suive attentivement ce dossier. Parce que les joueurs ont été mon mandataire, c'est normal que je réponde à leurs questions.»
Le 8 mars il sera (tout comme moi) présent au tribunal pour discuter avec les joueurs, et les autres jours s'il le faut...
Commentaires
Je veux juste qu'on me tienne au courant. Merci!
Moi non plus je ne suis pas d'accord avec l'entente avec Lotto Québec et le recours collectif des joueurs compulsifs. Mais que faire?
Je suis un fonctionnaire du gouvernement du Québec. Dernièrement, à la suite d'un grief (pas tout à fait collectif, c'est compliqué), il y a eu une entente hors cour raisonnable concernant le passé. Toutefois, cette entente ne vaut rien pour le futur.
C'est la même chose dans ce cas-ci et en plus l'entente pour le passé n'est pas raisonnable car il faut prouver notre dépendance en plus d'avoir effectuer des dépenses prouvables concernant des thérapies.
Je suis aussi un joueur compulsif des ALV depuis 1996. J'ai un frère qui s'est suicidé suite à ce même problème. L'entente doit largement dépassé des compensations monétaires concernant des thérapies qu'on doit en plus prouver et s'attaquer aussi aux problèmes des futurs joueurs qui tout comme moi et mon frère avons été pris par ces ALV qui ont été la cause de mon jeu pathologique.
lâcher prise
Remboursement des coûts de ma thérapie(psychologue)en 1999.
Un appel du coordonnateur de Mise sur toi en date du 30 juin 2010 me confirme qu'une partie de ma réclamation est acceptée.Car à son point de vue mon dossier « parle par lui-même» Malgré que je n'ai pas d'attestation « conforme » du trouble pathologique.
Quant à ma réclamation pour kilométrage, il ne peut l'accepter.
( J'ai demandé deux réclamations en se qui regarde les dépenses de kilométrage , pour deux thérapies )
1 = thérapie chez un psychologue
2 = thérapie suite à mon adhérence au Mouvement des Gamblers Anonymes en 1999.
dans un retour de courrier en décembre 1999.
Car deux paragraphes de l'Entente ouvrent la porte à une interprétation « large »des dépenses remboursées.
para..4 = ...le gouvernement de Qué.. accepte d'indemniser pour les coûts raisonnables - - - - encourus pour se faire soigner ................................
para..10 = La preuve de la dépense encourue ...........
se fait par une facture contemporaine.( Billet du transport en commun de l'époque .) Celà peut avoir une grande importance pour une personne , qui en région , aurait à faire plusieurs kilométres pour se rendre à sa thérapie.
Je renonce à ces deux réclamations pour recevoir le remboursement de ma thérapie.
Même à stade de ma réclamation , je crois encore possible d'aller en arbitrage , car même si l'arbitrage le refuse, je suis convaincu que je pourrais m'adresser à la Cour des Petites Créances pour obtenir gains de causes.
Après six jours de réflexion et onze ans de réclamations
Je lâche prise et accepte le chèque. larry